Chaque début mai, Orléans troque ses tramways pour des chevaux carapaçonnés et vibre au cri « Jesu Maria » qui fendait déjà l’air en 1435. Six siècles après la libération de la ville par une jeune Lorraine de 17 ans, les Fêtes de Jeanne d’Arc mêlent cloches de cathédrale, mapping futuriste et 2 500 figurants pour rappeler qu’ici une poignée de jours a changé le cours de la guerre de Cent Ans. Entre héritage médiéval et show électro, cette célébration inscrite au patrimoine immatériel aimante 300 000 voyageurs et pose une question simple : pourquoi la plus ancienne fête civico-religieuse de France continue-t-elle à soulever une telle vague d’émotion ?
Origines historiques des Fêtes de Jeanne d’Arc à Orléans
La libération d’Orléans en 1429 fondement de la tradition commémorative
Le 8 mai 1429, la jeune Jeanne d’Arc libère Orléans assiégée depuis sept mois par l’armée anglaise. L’exploit inverse le cours de la guerre de Cent Ans et scelle un pacte entre la ville et sa libératrice. Dès le printemps suivant, le conseil municipal s’engage à saluer chaque année cet acte salvateur. Clergé, corporations et milices bourgeoises associent leurs bannières dans un même élan de gratitude. Trompettes, cloches et canons de fortune rythment déjà la liesse populaire qui servira de matrice à la fête actuelle, mélange singulier de dévotion, de patriotisme et d’orgueil local.
De la première procession de 1435 à l’inscription au patrimoine culturel immatériel
La première procession officielle est consignée le 8 mai 1435. Chanoines en chapes d’or, échevins en robe rouge et métiers de la soie ouvrent un défilé qui traverse les ponts reconstruits après le siège. Le rituel se pérennise et se structure au fil des siècles. Repères :
- 1457 : le « panégyrique » de Jeanne est rédigé, toujours lu chaque 8 mai.
- 1530 : apparition des premières saynètes jouées devant l’hôtel de ville.
- XIXe siècle : uniformes universitaires et groupes d’escrime redonnent couleur médiévale au cortège.
- 2018 : inscription des Fêtes de Jeanne d’Arc au patrimoine culturel immatériel français, consécration pour la plus ancienne commémoration civico-religieuse encore célébrée en France.
Près de six siècles plus tard, la manifestation mobilise 2 500 figurants bénévoles et attire 300 000 visiteurs chaque printemps.
Évolution sous la Révolution puis la canonisation de 1920
La Révolution interdit un temps les cérémonies, mais les Orléanais continuent d’honorer leur héroïne en privé. Sous le Premier Empire, la procession réapparaît, teintée de patriotisme. Le XIXe siècle romantique exalte la figure de Jeanne, symbole d’unité nationale. Point culminant : la canonisation en 1920. Le retentissement est mondial, relance la fête et attire les présidents de la République chaque 8 mai. Malgré les guerres mondiales, la tradition ne s’interrompt pas. Elle sort même renforcée sous la Ve République qui souligne son double visage, religieux et civique, un équilibre toujours défendu par le comité d’organisation orléanais.
Programme 2025 calendrier et temps forts incontournables
29 avril remise de l’épée et entrée nocturne de Jeanne au flambeau
La jeune Orléanaise choisie pour incarner Jeanne reçoit son épée sous les voûtes de la cathédrale Sainte Croix, cérémonie millimétrée où résonnent cloches et tambours. À la nuit tombée, elle traverse la vieille ville portée par un flot de torches, de bannières et de chants. Les façades gothiques s’embrasent d’ombres dansantes, les cornemuses ouvrent la marche, la foule reprend le cri « Jesu Maria » consigné depuis 1435. Point d’orgue place du Martroi, quand la Pucelle d’un soir brandit sa bannière fleur de lys devant près de 20 000 spectateurs.
1er mai chevauchée historique escortée par 800 scouts
Dès l’aube, la chevauchée quitte Orléans cap à l’est sur les chemins de la Loire. À cheval, Jeanne est entourée d’un carré de 800 scouts en uniformes beige et foulard roux, clin d’œil à la tradition dionysienne des années trente. Treize kilomètres plus loin, haltes musicales, bénédiction des chevaux et pique nique champêtre ponctuent la progression. Les rives offrent de superbes points de vue pour immortaliser la colonne équestre, cuirasses étincelantes et étendards claquant au vent. Les plus sportifs accompagnent la cavalcade à vélo jusqu’à Saint Denis de l’Hôtel, terminus du jour.
7 mai prise des Tourelles son et lumière et concert électro
Au crépuscule, la Loire devient scène géante pour la reconstitution de la prise des Tourelles, dernier bastion anglais en 1429. Barques, jets de flammes et mapping retracent l’assaut pendant qu’un récitateur fait vibrer les berges. Sitôt l’héroïne victorieuse, la soirée bascule côté dance floor avec un set électro placé sous la tour Blanche. Lasers, vidéos 3D et beat futuriste côtoient heaumes et hauberts, mélange détonant qui draine près de 30 000 jeunes venus célébrer l’histoire autrement.
8 mai messe solennelle et grand défilé civilo religieux
Jour de clôture et de mémoire nationale. La messe solennelle rassemble évêque, autorités civiles et délégations militaires dans la cathédrale, suivie du panégyrique lu sans interruption depuis 1457. À 15 h, le défilé s’élance boulevard Alexandre Martin : 2 500 figurants, 20 fanfares, confréries universitaires en toges XIXe, compagnies d’archers, pompiers, cadets de l’air et chars fleuris. Sur trois kilomètres, les balcons débordent de drapeaux bleu blanc rouge, la Marseillaise alterne avec des hymnes régionaux et les cloches de Sainte Croix répondent aux salves d’artillerie. Ultime ovation place du Martroi, symbole d’un lien ininterrompu entre la ville et sa libératrice.
Costumes et iconographie un savoir faire orléanais au service de la tradition
Sélection de la jeune Jeanne armure tunique et bannière fleur de lys
Chaque printemps la ville élit « sa » Jeanne : une lycéenne âgée de 16 à 18 ans née ou scolarisée dans le Loiret. Entretien devant un jury d’historiens, militaires et responsables associatifs, engagement citoyen et diction du serment médiéval pèsent autant que les résultats scolaires. Le 29 avril l’épée remise par l’évêque marque l’entrée officielle dans le personnage.
L’armure, réalisée en acier poli dans l’atelier orléanais La Forge de la Brèche, pèse près de 12 kilos. Elle se porte sur une tunique mi-partie rouge et bleu, couleurs de la ville, rehaussée d’un voile blanc. À la main, la bannière fleur de lys, copie fidèle du vexillum commandé par Jeanne à Tours en 1429, déroule son lin ivoire brodé d’or par les sœurs de l’Annonciade. Ce triptyque, armure tunique bannière, guide tous les défilés : première apparition nocturne, chevauchée du 1er mai, grand cortège du 8 mai.
Uniformes universitaires et confréries héritage du XIXe siècle
Au milieu des spalières étincelantes des chevaliers de reconstitution, un autre signal visuel capte l’objectif des photographes : les toges noires bordées de velours cramoisi des facultés d’Orléans créées en 1808. Professeurs, docteurs et étudiants rappellent le rôle moteur de l’université qui, dès 1845, ranima le défilé civil au cœur du XIXe siècle romantique.
Les confréries de métiers et de terroir déploient pour leur part chapes brodées, chapeaux plats et bannières chamarrées. Costumes de la corporation des vignerons d’Orléans, manteaux bleu nuit des archers de Saint Bernard, tenues à parements rouges des boulangers : cet arc-en-ciel fait écho aux corporations médiévales qui financèrent jadis la fête.
Artisanat local broderie d’or sellerie et ateliers de reconstitution
Chaque pièce portée dans le cortège sort d’un atelier du Val de Loire. Les brodeuses de l’École de broderie d’art de Fleury appliquent des milliers de points de passé or sur velours tandis que les selliers de la maison Lecoq martèlent quartiers et sanglons pour vingt chevaux de parade. Casques, hallebardes et pavois naissent dans les ateliers d’archéologie expérimentale de Saint-Jean-de-Braye, labellisés « Entreprise du patrimoine vivant ».
Le calendrier s’étale sur dix mois : prises de mesure en juin, prototypes validés fin septembre, essayages généraux à Noël. À la clé, 250 emplois directs ou indirects et un savoir-faire mis à contribution par d’autres festivals médiévaux européens. Acheter une reproduction miniature sur le marché médiéval, visiter les coulisses lors des journées portes ouvertes des ateliers : autant de façons pour les voyageurs de repartir avec un fragment tangible de l’épopée johannique.
Ferveur populaire et engagement citoyen autour des Fêtes de Jeanne d’Arc
Association Orléans Jeanne d’Arc moteur de 2500 figurants bénévoles
Créée en 1973, l’Association Orléans Jeanne d’Arc orchestre la logistique d’un événement qui mobilise chaque printemps près de 2 500 habitants. Couturières, cavaliers, maîtres d’armes, musiciens ou simples porteurs de flambeaux, tous répètent pendant des mois dans les gymnases et les ateliers municipaux. L’investissement est colossal : plus de 35 000 heures de bénévolat, soit quasiment un pour cent de la population orléanaise.
La structure fournit les armures, restaure les bannières, briefe les figurants pour garantir l’authenticité des gestes médiévaux. Elle coordonne aussi l’accueil du public, le placement des 300 000 visiteurs et la sécurisation des 4 km de parcours, en lien avec la préfecture et les régiments de la base aérienne voisine. Tout repose sur une gouvernance participative : bureau de 15 membres élus, commissions ouvertes et budgets publiés en ligne.
Ateliers jeunesse scouts écoles et jeu piste pour la transmission
Le relais générationnel passe d’abord par le mouvement scout. Près de 800 garçons et filles, venus de toute la France, escortent la chevauchée du 1er mai et montent la garde symbolique devant la cathédrale. En amont, des ateliers de blason, chant médiéval et maniement de la lance sont proposés dans les collèges et lycées du Loiret. Les professeurs s’appuient sur un kit pédagogique labellisé Éducation nationale.
Pour les plus jeunes, le jeu-piste Amuse-Mômes transforme la vieille ville en plateau grandeur nature : QR codes, rébus et défis d’orientation conduisent les familles des halles Châtelet aux Tourelles. L’an dernier, 4 200 carnets ont été validés au poste de contrôle final. La formule fonctionne, les adolescents reviennent ensuite comme figurants ou bénévoles logistiques, bouclant la boucle de la transmission.

Comité d’éthique garantie de laïcité et prévention des récupérations politiques
Dès 2013, la municipalité et l’Association ont institué un comité d’éthique indépendant. Quinze personnalités du monde académique, cultuel, associatif et militaire y siègent bénévolement. Leur mission : veiller à la neutralité politique et au respect du principe de laïcité inscrit dans la charte des Fêtes. Les discours officiels sont relus, la sélection de la jeune Jeanne reste fondée sur des critères précis, sans considération d’engagement religieux ou partisan.
Cette vigilance permet à Orléans de préserver l’équilibre fragile entre commémoration civique et dimension spirituelle. Aucune bannière partisane n’est admise dans le cortège, et toute prise de parole doit évoquer l’histoire ou le patrimoine, jamais l’actualité électorale. Résultat : une ferveur populaire partagée, où chacun, croyant ou non, peut célébrer Jeanne comme héroïne nationale et figure d’émancipation.
Impact touristique et économique pour Orléans et le Loiret
Chiffres clés 300 000 visiteurs et taux d’occupation hôtelier proche 100 pour cent
Marché médiéval 150 exposants et deux millions d’euros de chiffre d’affaires
Visites guidées Sur les pas de Jeanne croissance de 32 pour cent
La première semaine de mai bouleverse la carte du tourisme en Centre Val de Loire. Sur les onze jours des fêtes, Orléans accueille 300 000 visiteurs, l’équivalent d’une demi-année de fréquentation pour un musée national. Les trente et un hôtels de la métropole affichent un taux d’occupation proche de 100 pour cent, poussant les retardataires vers les gîtes du Val de Loire et jusqu’à Montargis. Selon l’office de tourisme, les retombées directes et indirectes dépassent 15 millions d’euros, un bol d’air pour les commerces entre deux ponts du printemps.
Autour de la place de Gaulle, le marché médiéval réunit 150 exposants venus de tout l’Hexagone, tailleurs de pierre, calligraphes ou fabricants d’hydromel. En dix jours, le chiffre d’affaires cumulé frôle deux millions d’euros. Les stands labellisés vendent près des trois quarts de leur production sur place, le reste en commandes expédiées après l’événement. Ce rendez-vous sert de vitrine au savoir-faire du Loiret et entretient un flux constant vers les ateliers locaux durant l’été.
Le succès se confirme aussi hors des animations de rue. Les visites guidées Sur les pas de Jeanne affichent une hausse de 32 pour cent avec 10 264 participants en 2023. Le parcours relie la cathédrale, l’hôtel Groslot et les quais de Loire avec bande sonore et anecdotes d’archives. Cette montée en puissance stimule le recrutement de guides saisonniers, prolonge l’ouverture des musées et pousse les touristes vers le reste du département, du château de Châteauneuf sur Loire aux moulins de la forêt d’Orléans.
Entre tradition et innovation les nouvelles tendances des Fêtes de Jeanne d’Arc
Mapping vidéo sur la cathédrale et parcours QR codes
Chaque soir du 29 avril au 7 mai la façade de la cathédrale Sainte-Croix se couvre d’un mapping XXL qui mêle enluminures animées, voix de chroniqueurs du XVe siècle et créations électro. Autour, le Parcours Jeanne aligne douze stations dotées de QR codes. Un simple scan révèle témoignages d’archives, reconstitutions 3D ou commentaires d’historiens, disponibles en quatre langues et en LSF. Cette balade connectée prolonge la visite classique et capte un public international toujours plus curieux de vivre l’histoire sur son smartphone.
Concert électro programmation jeune public et inclusion génération Z
Le 7 mai après la prise symbolique des Tourelles les quais passent en mode électro-médiéval. Aux platines, la DJ orléanaise Klyne, Mezerg & Harpe et un chœur scout remixé en live fusionnent textes d’époque et basses profondes devant 30 000 spectateurs, dont la majorité a moins de 30 ans. Ateliers beatmaking l’après-midi, zone chill équipée de boucles auditives, interprètes LSF et relais TikTok assurent une expérience inclusive qui ancre Jeanne dans la culture de la génération Z.
Démarche écoresponsable logistique douce et suppression du plastique
Objectif affiché : décrocher le label événement durable niveau 2. Les chars historiques rejoignent le centre en tracteurs électriques, le matériel scénique circule en vélos cargos et les navettes tram gratuites complètent l’offre train. Le marché médiéval a banni les bouteilles PET, mis en place gobelets réutilisables et vaisselle compostable, réduisant de 2,4 tonnes les déchets plastiques 2024. Tri à la source, éclairage LED alimenté en électricité verte et réemploi des chutes de tissu dans les ateliers de costumes confirment qu’écologie et patrimoine font bon ménage.
Conseils pratiques pour vivre les Fêtes de Jeanne d’Arc 2025
Accès à Orléans transports en commun train vélo et parkings relais
Train : un Intercités Paris Austerlitz – Orléans toutes les 30 minutes environ, arrivée en gare des Aubrais ou en gare Centre face au tram A. Le réseau TER dessert aussi Tours, Blois, Vierzon, Bourges et Chartres. Les billets Prem’s s’ouvrent trois mois avant, guettez-les pour éviter les hausses de dernière minute.
Tram et bus : les lignes A et B se croisent place De Gaulle à deux pas de la cathédrale, cœur des cérémonies. Un pass « Fêtes de Jeanne d’Arc » illimité sur 48 h sera mis en vente par Tao, pratique pour enchaîner marché médiéval, prise des Tourelles et concert nocturne.
Voiture : l’hyper-centre devient piéton lors des grands rendez-vous. Garez-vous dans l’un des six parkings relais (Zénith, Chemin du Pont Cotelle, Fleury-Les Aubrais…) puis terminez en tram. Le ticket P+R couvre stationnement et aller-retour pour tous les passagers.
Vélo : 1 400 Vélo’+ en libre-service et 110 km de pistes. Des arceaux provisoires seront posés quai du Châtelet et rue Jeanne d’Arc. La Loire à Vélo passe au pied de la vieille ville, pratique pour les cyclotouristes en itinérance.
Meilleurs emplacements pour le défilé et le spectacle nocturne
Défilé du 8 mai : la rue Jeanne d’Arc offre la perspective sur la cathédrale et le passage des troupes universitaires en tuniques écarlates. Arrivée conseillée vers 8 h 30, deux heures avant le départ officiel. Place du Martroi garantit la vue sur la statue équestre, mais la foule y est plus dense ; familles avec poussettes préféreront le boulevard Alexandre Martin un peu moins bondé.
Prise des Tourelles et Son & Lumière du 7 mai : installez-vous rive nord le long du quai du Châtelet entre le pont George V et le pont Thinat. Les remparts de la vieille ville servent d’écran géant pour le mapping, et le fleuve reflète les projections. Prévoyez plaid, jumelles compactes et bouchons d’oreille pour le set électro qui suit. Les retardataires peuvent se décaler vers la passerelle des Moulins, l’ambiance y est plus tranquille tout en restant dans l’axe des artifices.
Anticiper l’hébergement et réserver tôt en haute saison
Le taux d’occupation hôtelier frôle les 100 % dès le 1er mai. Les réservations ouvrent généralement en novembre, soit six mois avant l’édition 2025 : ne tardez pas. Pour loger au cœur de l’action cherchez autour de la place du Martroi ou de la rue de Bourgogne, mais les prix y grimpent rapidement.
Budget plus doux ? Regardez vers Olivet, Saint-Jean de Braye ou Saran, toutes à moins de vingt minutes en tram. Les auberges de jeunesse et les chambres d’hôtes dans le val de Loire affichent un bon rapport qualité-prix et restent éligibles aux transports de nuit renforcés durant les fêtes. Les campeurs trouveront l’aire de Saint-Jean le Blanc sur la rive sud, accessible par la passerelle de l’Europe, idéale pour rentrer à vélo après le spectacle.
Dernière option : faire l’aller-retour dans la journée. Le premier train Paris – Orléans arrive avant 8 h, et le dernier repart vers 23 h 30 ; parfaite amplitude pour profiter de la chevauchée du 1er mai ou du Son & Lumière.
Horizons 2029 vers le 600e anniversaire de la libération d’Orléans
Projet de spectacle de 1000 cavaliers et jumelages internationaux
Le comité d’organisation rêve grand : déployer 1000 cavaliers sur les quais de Loire pour rejouer la chevauchée de 1429. La mise en scène réunira armures étincelantes, trompettes de la garde républicaine, batteries d’artillerie médiévale et drones capteurs d’image pour un tableau visible à 360 degrés. Les repérages ont déjà commencé sur un parcours de 6 km, jalonné de tribunes démontables et de zones PMR, avec une arrivée flamboyante place du Martroi sous un manteau de flambeaux.
L’événement se veut aussi diplomatique. Orléans a convié ses villes jumelles — New Orleans, Münster, Utsunomiya, Lugoj, Kristiansand, Dundee et Trévise — à envoyer un escadron vêtu aux couleurs locales. Chaque délégation portera un élément de la légende : fleur de lys brodée à Münster, trompes cajun pour la Louisiane, tambours taiko venus du Japon. Une manière de transformer la page d’histoire orléanaise en carnet de voyage planétaire et de doper la fréquentation hôtelière attendue à plus de 500 000 visiteurs.

Centre d’interprétation et colloque universitaire pour faire rayonner Jeanne d’Arc
En marge du spectacle, la municipalité annonce l’ouverture début 2028 d’un centre d’interprétation Jeanne d’Arc installé dans l’ancien Hôtel des Postes, à deux pas de la cathédrale. Écrans tactiles, fresques en réalité augmentée et laboratoire d’odeurs recréant le campement du siège plongeront le visiteur dans le quotidien de 1429. Une salle immersive projettera le mapping annuel et un atelier de costumes permettra d’observer brodeuses et selliers à l’œuvre toute l’année.
Le volet scientifique n’est pas oublié. L’université d’Orléans prépare un colloque international labellisé UNESCO où médiévistes, historiens du genre, théologiens et spécialistes du patrimonial immatériel dialogueront avec le public. Au programme : tables rondes filmées, podcast en direct et excursions sur les sites du siège. Entre tourisme et recherche, la figure de Jeanne devrait rayonner bien au-delà des remparts ligériens, attirant étudiants, conférenciers et curieux hors saison et pérennisant l’économie touristique locale.
Entre la clameur des 300 000 visiteurs et l’écho du panégyrique de 1457, les Fêtes de Jeanne d’Arc rappellent qu’Orléans sait conjuguer mémoire et créativité dans un même élan populaire. Le compte à rebours vers 2029 et ses 1 000 cavaliers est lancé, promettant un pont culturel de la Loire jusqu’à la Louisiane et au Japon. Reste à choisir votre place sur le parcours avant que la bannière fleur de lys ne disparaisse dans la foule.







